Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 00:18

    plice-saoudienne-et-yeux-de-discorde_page1_image1.jpg                              

 (Hespress)

 

Un marché juteux s’ouvre en Arabie Saoudite, celui des lunettes pour femmes. Selon le site marocain Hespress, désormais, les Saoudiennes sont obligées de voiler leurs yeux et gare à l’époux qui ose jouer le moderne dans le pays des Wahhabites.

En effet, la police religieuse chargée de veiller sur l’application de la vertu et de la répression du vice a confirmé le mercredi 16/11/2011 qu’elle a décidé, pour le présent et pour le futur, d’obliger les femmes à voiler leurs yeux et tout particulièrement ceux censés provoquer la fitna (discorde). Bref, malgré le renommé  du khoul d’Arabie, Dieu a offert les yeux aux femmes pour voir et non pour séduire. Pour empêcher les femmes de regarder derrière leurs lunettes, les Saoudiennes devront marcher en regardant uniquement leurs pieds. Puisqu’elles sont obligées de sortir accompagnées de leur époux ou d’un autre membre mâle de la famille, c’est à ce dernier de les guider pour ne pas tomber ou ne pas heurter les objets se trouvant sur leur passage.

Un Saoudien a été hospitalisé après avoir été poignardé dans la main et dans  le dos par un policier « religieux » parce qu’il a refusé de contraindre son épouse à voiler ses yeux.

Pour couronner l’intervention vertueuse de l’agent chargé de sauvegarder la pureté des âmes, le tribunal l’a relaxé. En revanche, l’époux, jugé arrogant et orgueilleux, a été condamné à 8 mois de prison ferme et à 300 coups de fouets administrés en six fois. Un autre, ayant voulu tenir tête à la police religieuse a été condamné à 6 mois ferme et à 700 coups de fouets exécutés en dix fois.

                                                                  18 novembre 2011

Par maroc-hassani-toujours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 19:09

 

                            

L’Egypte fait parler d’elle cette semaine. Il ne s’agit cette fois-ci ni du printemps arabe ni de la place attahrir. Mais bien de deux images ne représentant pas les mêmes buts et les mêmes symboles. La Première est celle de la jeune fille qui a posée toute nue pour défier les autorités religieuses ou la morale pesant dans son pays, dans le monde arabe et dans le monde islamique. Il semble que l’effrontée qu’elle a voulu être, a bien réussi son coup, comme on dit. Son image a traversé toutes les voies technologiques de la planète dans un laps de temps très court. Son audace, on l’imagine provoque des tempêtes d’indignation et de…revanche ! La morale est agressée en direct et la censure politique ou religieuse s’est trouvée, ridiculisée, surprise voire piégée. Que faire ? Le mal est fait et l’honneur d’une grande nation arabe est bafoué.

 

Doc1_page1_image2--Custom-.jpgDoc1_page1_image1.jpg

L’Egyptienne Alïa, le pape Benoit XVI et le cheïkh Ahmed Taïeb

 

Apparemment, pour les Egyptiens en particulier et pour les musulmans en général, les circonstances ont jugé que cette audace n’est pas suffisante. Pour troubler davantage les esprits des croyants de tout bord il fallait aller au-delà de l’imagination supportable. Il manquait, c’est le hasard qui l’a dicté, dans le cirque d’audaces et de libertés d’expression les photomontages, sans haine (sic) de Benetton. Lui aussi, il a réussit. Cependant, la différence entre les deux démarches est énorme et scandaleuse dans les intentions. La jeune Egyptienne a décidé, dangereusement, d’oser et de franchir le pas, c’est à son honneur ou le contraire : les avis diffèrent à tort ou à raison. Il y a la liberté, ses partisans et ses ennemis. Bentton, quant à lui, veut frapper les esprits en espérant provoquer une délivrance mercantile pour lui et pour son entreprise.  Le chiffre d’affaires de sa marque est en chute libre (30% en moins d’après les spécialistes). Après avoir provoqué les malades, les morts et les vivants, il se lance dans le collage des images, est-cela la provocation artistique ?  

 

                                                                             17 novembre 2011 

Par maroc-hassani-toujours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 20:14

mehdi-georges-lahlou.jpg

Sacrifice (Mehdi Georges LAHLOU)

 

C’est vraiment la malchance. Le jour d’al’ aïd tombe un dimanche, le jour où les abattoirs sont fermés mais c’est également le jour où la plupart des musulmans n’ont pas besoin d’une autorisation d’absence octroyée par l’employeur, ce qui est très rare, ou non payée, ce qui est la règle en général. Dans les écoles, les laïcs chevronnés attendront une autre occasion pour rappeler aux parents de leurs élèves, dits musulmans, que le respect de la  laïcité dans l’enseignement public est une obligation incontournable. Bien entendu, rien ne les empêchera de profiter, comme d’autres camarades, des journées fériées, à caractère religieux, mais reconnues par la République. Nous sommes en France  et les lois sont faites pour être appliquées pour tous les citoyens et tous les administrés quelle que soit leur origine, leur culture ou leur religion.

Tout ce débat n’aurait eu lieu ni entre les murs ni dans les ascenseurs si on avait autorisé les abattoirs à faire, en ce jour sacré pour les cinq millions de musulmans de France, l’exception des exceptions étant donné qu’al’ aïd kébir ne tombe pas, chaque année, un dimanche. Enfin, il ne faut pas abuser, les gens ont droit de se reposer le dimanche, c’est un acquis quand même. Dans tous les cas, le malheur des uns fait le bonheur des autres : le mouton a vu son exécution retardée d’une courte journée et les fêtards, contrariés, se sont trouvés dans l’obligation de transformer leurs brochettes en tajines ordinaires. En ces temps de crises multiples, leurs voisins, les autochtones, qui ne contestent plus le rite annuel de sacrifice, sont profondément solidaires et n’apprécient point la mesure administrative. Eux aussi prendront leur mal en patience et attendront le lendemain pour recevoir le précieux cadeau, en un seul morceau ou en vrac, de leurs voisins. C’est quand même la fête et au nom de la solidarité, même passagère, ce cadeau est devenu presque obligatoire. En islam, c’est une obligation. Les autochtones qui feignent l’ignorer, tiennent, sans l’avouer, à la pérennité de cette obligation annuelle d’autant plus que leur conscience pour le respect de l’intégrité physique de l’animal n’est plus malmenée. Les moutons ne sont plus égorgés dans les baignoires, ce qu’on a toujours prétendu à tort ou à raison, et le marché est plus que juteux pour les éleveurs écrasés par les normes sans fin des technocrates de la commission européenne. Si de temps à autre, une association ou une artiste rangée dans le patrimoine national, protestent, les représentants du peuple, comme d’ailleurs ceux de l’administration, commentent gravement leurs critiques et leurs alertes et promettent de faire le nécessaire dans les meilleurs délais. Que la fête continue et à chacun son noël au sens propre et figuré.

Dehors, la rue est calme. Comme s’il s’agissait d’un ordre, aucun jeune n’a osé monter sa moto pour percer les oreilles des habitants excédés. Sur un trottoir, un groupe de femmes, vêtues de blanc, descendaient sagement de l’autobus, se séparaient en petites unités pacifiques puis disparaissaient entre les immeubles HLM. Apparemment, elles revenaient de la commune voisine où le Maire, un socialiste bien éclairé, avait autorisé la construction d’une très jolie mosquée sur un terrain réservé autrefois au cirque Amar. A l’époque, la décision avait attristé beaucoup plus les enfants, de toute religion et leurs amis élevés dans l’athéisme, que les adultes, la majorité, qui voyait dans le geste « équilibré » du Maire une étape obligatoire pour avoir la paix dans leur commune. Bref, il ne faut jamais encombrer la volonté du Seigneur quand Il veut contribuer à assouplir celle de ses humbles croyants. Il suffit d’y croire et de convaincre. Enfin, c’est ce qu’on pense avec réserve bien évidemment!

A quelques pas du marché, assis sur un banc aux pieds rouillés couverts de feuilles d’automne oubliées, depuis longtemps, par les cantonniers de la commune, le vieux Kabyle racontait en berbère, sur un ton ferme un événement que son voisin écoutait les yeux serrés dessinant un palmier de rides laissant penser que le monde entier est au bord de la catastrophe. Ils n’ont pas eu le temps de répondre à mes vœux, un hélicoptère sans couleur officielle survola subitement le ciel et arracha énergiquement le vieux kabyle de son banc.

- je te l’avais dit, dit le kabyle en orientant sa canne vers le ciel, il survole la commune pour vérifier si on n’égorge pas les moutons dans les jardins des pavillons et sur les terrasses des HLM.

- mais non al hadj, lui répond son voisin en me regardant et tout en riant, nous ne sommes plus dans le djebel, la guerre est finie depuis longtemps. C’est une simple promenade des gens riches.

Le vieux Kabyle repris sa place et exprima son mécontentement à son indélicat interlocuteur. L’authentique Berbère qui a choisi de vivre sa retraite chez l’ancien colonisateur pour ne pas perdre les avantages en matière des soins de toutes les maladies que son corps a endossées en France, sait de quoi il parlait. Il a rappelé à son interlocuteur moqueur qu’il avait abandonné, lui, son araire pour prendre le fusil puis qu’il a troqué ce dernier contre un marteau-piqueur, alors, quand il voit un hélicoptère qui rôde au-dessus de sa tête, il est certain que ce n’est pas du tout de bon augure. « Tu comprends ce que je dis », insiste-t-il en me regardant comme s’il cherchait mon approbation. Son interlocuteur baissa la tête et murmura des mots inaudibles : peut-être, « que Dieu maudisse ce jour de fête ». Ma neutralité dans une mêlée qui m’est imposée par le volatile mécanique a, en toute vraisemblance, agacé le chibani qui me torpilla d’un regard méprisant comme si j’étais un de ses anciens chefs du maquis qui l’avait abandonné sur la route de la victoire aussitôt la guerre de l’indépendance terminée. Son amertume est tellement profonde qu’elle s’est incrustée profondément dans son corps en aggravant son capital de maladies et par conséquent, en Berbère intraitable, il a décidé de voir, pour toujours, des ennemis partout, sur terre, au fond des océans et au-dessus de sa tête.

 

fromentin-eugene.jpg

Prudence (Eugène FROMENTIN)

 

Sur le marché, ce n’est pas la joie. Pourtant, le décor naturel est merveilleux. Il fait beau et par conséquent ce n’est pas le client qui allait manquer. Eh ben non. J’aurais dû écouter mon épouse qui était persuadée qu’en ce jour de fête, je risquais d’échanger les vœux avec les pigeons sales, gonflés d’épidémies et incapables de s’envoler.

Comme à l’accoutumée, je commence par l’achat des légumes et fruits. Depuis qu’on a décrété, sans obliger personne,  qu’il faut manger cinq de chaque par jour mon budget se rétrécit à vue d’œil alors que mon corps ne se déleste pas du moindre gramme. C’est tout le contraire et ce qui déplait inexorablement à mon médecin. Enfin, ce n’est pas cela  l’essentiel, le volume de mes achats me situe sur la liste des bons clients ayant droits à quelques menus cadeaux et surtout à des confidentialités parfois très intimes.

Les quatre Egyptiens qui tiennent le grand stand étaient silencieux, voire pensifs. Mahmoud qui m’accueille souvent en levant les bras m’embrasse furtivement pour me souhaiter la bonne fête. Comme tous les Egyptiens et tous les Arabes cultivés et foncièrement citadins, Mahmoud est un fan irréversible d’Oum Kalhoum, il l’écoute, grâce à son portable, de l’ouverture jusqu’à la fin du marché. Son petit engin ne dérange personne, bien au contraire, les clients et tous particulièrement les Maghrébines, de la même génération,  admirent, avec beaucoup de pudeur, et les chansons et les commerçants orientaux car, ce qui est fort probable, ils leur font revivre, en vrai, les films et surtout les feuilletons. Il faut reconnaitre, sans aucune intention de médire, que les commerçants maghrébins ont la grimace menaçante ou le sourire moqueur alors que les Egyptiens accueillent avec des mots agréables et des gestes distants. Néanmoins, en ce jour de sacrifice, le fan de la défunte star égyptienne voilait mal sa déprime, il se pencha sur mon oreille et me glissa : « mes enfants me manquent, ça va faire plusieurs fêtes qu’ils célèbrent en mon absence. Leur mère me manque aussi. Je suis un sentimental, je l’avoue et je n’ai pas honte ». Il recula en regardant les mains d’une cliente qui lui tendit deux sacs sans parler. Oum Kalthoum continua de chanter ya bahjata al aïd issaide (ô splendeur de la fête heureuse).

J’avoue que l’état de l’Egyptien m’a figé, j’étais incapable de lui fournir le moindre mot de réconfort. Ma seule et unique chance c’était cette cliente qui venait de poser ses articles sur le comptoir, interrompant instantanément le début de notre conversation. Je me suis faufilé entre les rangées en embrassant à tour de rôle et en présentant mes vœux aux trois autres Egyptiens. Puis, une voix qui ne m’est pas étrangère s’empara de mon ouïe : « bonne fête mon ami, m’interpela-t-il en me serrant dans ses bras ». Si j’avais deviné que j’allais rencontrer ce Tangérois sur le marché, et surtout aujourd’hui, je me serais emmuré chez-moi toute la journée et tant pis pour les vœux et les embrassades. Mon compatriote vit à l’étranger depuis des décennies mais ne pense qu’à sa ville et ses potins en particulier. Il m’exaspère et m’ennuie et je dois, par patriotisme hypocrite, le supporter. Il me demanda avec un bonheur éclatant, celui qui manque aux  quatre Egyptiens, si j’avais appris la meilleure nouvelle de la saison. Arrogant comme si la nouvelle le concernait personnellement, il m’informa qu’un notable de sa ville avait été choisi auprès des organisations en qualité d’expert en matière des droits de l’homme. « J’ai téléphoné à mes parents ce matin pour leur souhaiter la bonne fête et ce sont eux qui m’ont informé. Toute la ville est fière et heureuse et les habitants ne parlent que de cela. Après le printemps arabe, les Etats islamiques sont désormais obligés d’adapter leurs législations conformément au Droit international, enchaîna-t-il sur un ton condescendant, c’est dans leur intérêt ».

Un des Egyptien, qui s’ingéniait, sans le moindre succès à dresser une pyramide d’oranges intervint promptement en maîtrisant mal sa désapprobation.

- ma fich hoqoq insane fi alam islami (il n’y pas de droits de l’homme dans le monde islamique). C’est incompatible avec la Religion. L’Egyptien affirma au Tangérois, interloqué par cette intrusion, que tous les oulémas, tous les chikhs et tous les faqihs avaient décrété depuis longtemps que les droits des musulmans sont inscrits en long et en large dans le Coran. L’Occident a ses propres droits pour ses hommes et nous, nous avons la charia, wa kifaya (basta), affirma Mounir, de son vrai prénom, prêt à transformer le marché en place de Tahrir. C’est qui ce monsieur qui va donner des conseils à nos oulémas, c’est ridicule, ajouta, excédé, l’Egyptien. di nokta obasse (c’est une blague, c’est tout).

 

Le-conseiller.jpg

Le conseiller

 

J’intervins pour éviter le pire en prétextant qu’il s’agit d’un sujet très sensible à ne pas traiter en ce jour de fête. J’avoue que, grâce à mon compatriote gaffeur,  j’ai découvert  qu’il existe entre les quatre Egyptiens un consensus d’intérêt qui maintient, de gré ou de force, leur cohésion : Mahmoud fait écouter à certains clients les chansons de la défunte star d’Orient, Mounir, qui imite excellemment les célèbres prédicateurs égyptiens, plait aux vieux maghrébins. On ne comprend pas ce qu’il dit parce qu’il harangue en toute quiétude ses fans, à lui, en pur arabe classique, mais on l’écoute et on achète. C’est peut être comme cela que fonctionneront les sociétés égyptienne et tunisienne, après le printemps arabe. Sinon, sans pousser la mauvaise foi à l’extrême, pour s’accaparer de la meilleur part du marché, les commerçants égyptiens, cultivés et aimables, se répartissent les rôles. Mahmoud égaie les uns ici-bas et Mounir exhorte les autres à ne pas oublier l’au-delà. En tout cas, quelles que soient les intentions des et des autres, le ménage à deux encadre à merveille l’ambiance et tous les clients sont satisfaits et achètent selon leurs capacités financières limitées. C’est cela le marketing islamique.

Je repris le fil de la discussion et je confirme à mon compatriote, le Tangérois, que son notable est un citoyen ordinaire, avocat de profession n’ayant aucun passé glorieux ni pendant la lutte pour l’indépendance ni durant le règne de Hassan II. Quant à son savoir académique et selon la biographie officielle, il ne dépasse pas un petit diplôme de droit obtenu à Rabat, ce qui l’autorise, en priorité, à exercer son métier d’avocat.  Il est vrai qu’il a fait partie de la commission d’indemnisation des victimes des années de plomb. « Mais, Il ne faut pas oublier que c’est le peuple marocain, sans demander son avis, qui a indemnisé les victimes alors que c’était au Palais de le faire puisqu’il est le seul responsable des crimes commis.  C’’est injuste et il n’y a pas de quoi pavaner, luis dis-je en français pour éviter la réplique de l’Egyptien ». Pour démontrer au Tangérois que je suis de près les événements de sa ville, je lui citai les manifestations atypiques du mouvement du 20 février puisqu’elles rallient les gauchistes aux islamistes de la Justice et de la Bienfaisance, l’appel au boycott des élections à venir, les contestations contre la gestion Amendis, filiale de Veolia, la grève au nouveau port, le suicide des jeunes, la recrudescence de la criminalité et de la prostitution, etc. 

Ce sont les droits de mon…, dit haut et fort, depuis son stand, l’Algérois en censurant le dernier mot. En absence des clients pour acheter ses épices et ses fruits secs, il faisait semblant de regarder ailleurs tout en tendant ses oreilles vers nous. Il ajouta : « dix ans de guerre de civile sans résultat, le suicide est meilleur, on crève quoi, l’enfer ou le paradis, c’est kif kif. Les criminels et les corrompus sont toujours au pouvoir et vous, vous parlez des droits de l’homme. Ca n’existe nul part ton truc, ni en haut ni en bas ni à gauche ni à droite».

L’Oranaise, sa voisine qui tient un stand de lingerie féminine éclata de rire, elle a très bien entendu le mot censuré de l’Algérois. Ce dernier est très sympathique pour ses amis et ses proches. Commerçant sans vocation, il sourit très rarement et il est d’une susceptibilité à fleur de peau. Il attend l’arrivée du client les mains croisées derrière son dos et le buste avancé comme s’il était menotté prêt pour monter dans un fourgon cellulaire. Un jour, avant de me rétracter, j’allais lui dire que si le client était roi, il n’y a aucune raison de se soumettre à sa volonté, pour mieux vendre, il faut se décontracter. Toujours sur ses gardes, l’Oranaise le ménage de crainte qu’il lui fasse fuir ses clientes et n’hésite pas à l’aider à remballer sa marchandise en périodes d’intempéries. Quant à lui, la seule personne qui compte pour lui sur le marché c’est Mounir. Il est vrai qu’en plus de son don inné d’imitateur, l’Egyptien a une très belle voix et du fait qu’il a appris par cœur, grâce aux cassettes audio, une grande quantité de prêches il est donc censé avoir des réponses à tout. Cette qualité de théologien improvisé lui confère aux yeux de l’Algérois une notoriété religieuse incontestable. En conséquence de quoi, le Tangérois avait intérêt à se tenir à carreaux lui, son expert et ses droits de l’homme.

 

 

souk au bles  

Le souk au bled

 

Mais depuis quelques semaines, l’Algérois se plaint de la crise. Il est persuadé que son chiffre d’affaires dégringole tous les jours à cause de ses clients français qui désertent la consommation et se barricadent chez eux de crainte que ce monstre nommé le triple A les attaque et dévore leur assurance-vie, PEL, le livret A, etc. « Pourquoi pas les tirelires en plastique des nourrissons made in Chaïna lui a répondu sa voisine l’Oranaise en éclatant de rire ». Malgré les explications de cette dernière, l’Algérois ne croit point à ces trucs d’agences et de notations. Tout cela n’est que magouilles, tromperies et rien d’autres, le but final, affirme-t-il est de faire payer plus d’impôts. Pour montrer à sa voisine qu’il n’était pas dupe, il la surnomme madame la triple XL. Il est vrai que les ventes de l’Oranaise sont en pleine croissance. Visionnaire et femme avisée en affaires, elle a misé dès le départ sur une clientèle forte en volume et chétive en porte monnaie. En matière de métissage, l’Oranaise est sans conteste une experte. Les subsahariennes, en particulier, et toutes les autres trouvent sur son étalage les grandes tailles qui s’adaptent aussi bien aux serwal qu’au boubou et cela ne contrarie ni les traditionnels ni les modernes. Il suffit d’ailleurs au badaud inquisiteur de regarder la lingerie accrochée pour certifier que l’Oranaise ne fera jamais d’une femme un objet sexy.

Le Tangérois ne céda rien, il s’entêtait à montrer, exemple à l’appui, que les droits de l’homme sont faits pour protéger toute l’humanité sans aucune distinction et qu’ils sont les garants pour les peuples qui aspirent à vivre dans la dignité.

- Ya Mahmoud, appela subitement, de vive voix, le théologien du souk, les droits de l’homme sont halal ou haram ?

- et les droits des ânes qui réclament depuis des années deux oreilles supplémentaires et que personne ne soutient, c’est halal ou haram ?  lui répondit le déprimé sans savoir de quoi il s’agissait.

L’Oranaise éclata de rire en emballant, dans le Parisien de la veille, deux gros bonnets d’un soutien gorge. L’Africaine éclata de rire également en voyant le volume de son paquet. 

 

                                                                           13 novembre 2011

 

 

Saoudien « corrige » son domestique asiatique

      

Par maroc-hassani-toujours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 11:26

 

 kabch-assabah.jpg

Source : (Assabah)

 

C’est ça. Soi-disant la fête. Tu me sacrifies à crédit après des années de bons et loyaux services. Quelle bonne fête veux-tu que je te souhaite à toi et à tes sbires alors que nous sommes plongés, jusqu’au cou dans la débauche. Jamais, tu m’entends, jamais. Tu n’es qu’un usurpateur des symboles et rien d’autres. Pas de fête et pas de bonne fête. Surtout  plus jamais de courbettes.

 

                                       6 novembre 2011 

 

 

Le rêve n'est pas interdit cher mouton!

Par maroc-hassani-toujours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 22:42

 

  faz_page1_image1.jpg

 

Il est surprenant le Faqih de Tanger. Il s’exprime à nouveau sur le site Hespress. A l’heure ou d’autres citoyens de la ville qui l’a accueilli crient haut et fort contre la manipulation « démocratique » à venir lors des prochaines élections, lui, continue à confirmer coûte que coûte que plus sultan que lui tu meurs.

Peu importe ce qu’il écrit ou ce qu’il dit.  Ce qui compte pour lui est de faire plaisir à ses partisans. Pour eux, il est très fort parce qu’il maîtrise, avec aisance, la réplique instantanée dans le temps et surtout dans l’espace.

Il est certain que les années qu’il vient de passer en prison l’ont profondément déstructuré. Le Fazazi des années quatre vingt, quand il haranguait ses candides ouailles n’est plus le même dans les temps nouveaux, il est devenu démocrate et ouvert sur le monde dans lequel il ne cesse de s’exclure en croyant occuper son centre. Il est conscient qu’il a raté une autre vocation, celle d’imam et de cheikh incontestable après avoir raté celle de chanteur. Il est persuadé, par les temps qui courent, que le théologien, qu’il croit incarner, réussit mieux que le faux ténor évincé. Imiter un certain Kachk est nettement plus facile que de vouloir outrepasser les dons divins d’un Abdelhalim Hafid par exemple. Donc,

Il reste, dans ces enchevêtrements,  une place à occuper par la prose et rien que la prose. Et pour appuyer ses capacités de convaincre, Fizazi pose pour plaire et séduire, c’est sa nouvelle obsession. Il ne pose pas à côté de Hassan II dont les appareils protégeaient le Fazazi et consorts mais à proximité de son fils, le nouveau sultan, dont les appareils repeints n’ont pas hésité à l’arrêter et à le condamner à trente ans de prison. Entre la poésie chantée et la prose circonstanciée, le chemin vers l’opportunisme est très court. Fazazi ne sera ni le premier ni le dernier  à vouloir l’emprunter. Il sera sûrement récompensé, c’est inscrit dans les traditions sultaniennes.

 

                                                                        1 novembre 2011  

 

 

 

 

Par maroc-hassani-toujours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés